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Question écrite n° 6-66

de Christine Defraigne (MR) du 3 novembre 2014

à la ministre de l'Énergie, de l'Environnement et du Développement durable

Approvisionnement électrique - Risque de black-out - Passage à l'heure d'hiver - Augmentation des importations - Capacité d'importation simultanée

approvisionnement énergétique
énergie électrique
distribution d'énergie
heure d'été

Chronologie

3/11/2014 Envoi question (Fin du délai de réponse: 4/12/2014 )
5/12/2014 Réponse

Question n° 6-66 du 3 novembre 2014 : (Question posée en français)

La Belgique éprouve de plus en plus de difficultés à garantir son approvisionnement électrique et le risque de black-out électrique cet hiver est réel.

Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce problème : un parc nucléaire vieillissant, un manque d'attractivité des centrales au gaz (une perte de la production " flexible " est encore à venir), un manque de planification dans le choix des alternatives en vue d'une sortie définitive du nucléaire, etc.

D'un seul coup, la Belgique perd 25% de ses capacités de production à l'aube de l'hiver.

Compte tenu de l'urgence et afin de garantir la sécurité d'approvisionnement en électricité de la Belgique, plusieurs pistes ont été évoquées dont celle d'augmenter les quantités d'électricité importées, en provenance notamment de la France. Bémol. Nos pays voisins connaissent eux-aussi une hausse de leur consommation électrique.

Il suffirait alors de supprimer le passage à l'heure d'hiver pour que les pics de consommation de la Belgique tombent une heure plus tôt que dans les pays voisins. Cette solution n'est évidemment pas une solution à long terme mais permettrait d'éviter d'éventuelles coupures de courant cet hiver.

Malgré les nombreux autres inconvénients que présenterait cette solution, une augmentation des importations belges en électricité est-elle possible ? Les capacités d'interconnexion du réseau seraient-elles suffisantes ? En effet, la capacité d'importation simultanée belge se limite à 3500 MW en hiver. Que faudrait-il faire pour augmenter cette capacité ?

Réponse reçue le 5 décembre 2014 :

La question de l’honorable membre a retenu toute mon attention.

1) Dans l’hypothèse de la suppression du passage à l’heure d’hiver, nos pics de consommation tomberaient plus tôt que dans les pays voisins, ce qui pourrait effectivement, accroitre le niveau d'importation de France et des Pays-Bas. Ce niveau d'importation supplémentaire reste difficilement chiffrable dans la mesure où il dépendra fortement du chauffage électrique en France. Le gain éventuel serait de toute façon très limité et l’effet ne durerait qu’environ une heure et serait à mettre en balance avec l’effet négatif du non changement d’heure.

2) L’augmentation des importations belges en électricité ainsi que l’optimisation des capacités de transport est un élément positif mais il faut bien entendu que le marché soit en mesure de trouver de l’énergie à importer au-delà de nos frontières. À cet égard, différents projets en cours devraient avoir un impact positif et augmenter les capacités d’échange avec les pays voisins via l’ajout d’interconnexions supplémentaires ou l’amélioration des interconnexions existantes. Je citerai notamment :

– le projet Alegro, nouvelle interconnexion DC reliant la Belgique et l’Allemagne ;

– le projet Brabo consistant en le renforcement du réseau à haute tension et de la sécurité d’approvisionnement dans le port d'Anvers. Ce projet va de pair avec le projet d’installation d’un deuxième déphaseur à Zandvliet. Ceci devrait permettre une augmentation de 900 MW des flux physiques entre la Belgique et les Pays-Bas ;

– le projet Nemo d’interconnexion DC avec le Royaume-Uni, permettant à la Belgique d’accéder au parc éolien anglais en pleine expansion.

Je tiens également à rappeler qu’Elia travaille depuis plusieurs années en partenariat avec l’ULg et la société Ampacimon sur une technologie qui permet d’augmenter le transport de l’électricité sur les lignes à haute tension. Pour faire face au risque de pénurie annoncé cet hiver, Elia a pris l’initiative de placer un appareil aux lignes frontalières, ce qui permettra selon l’intensité et la vitesse du vent et autres conditions spécifiques, d’augmenter les flux physiques de 10 à 15 % en cas de basses températures.