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Question écrite n° 5-985

de Bert Anciaux (sp.a) du 27 janvier 2011

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l'Intégration sociale

Abus d'alcool chez les adultes - Statistiques - Contrôles - Mesures

alcool
alcoolisme
sensibilisation du public

Chronologie

27/1/2011 Envoi question
25/5/2011 Réponse

Question n° 5-985 du 27 janvier 2011 : (Question posée en néerlandais)

Le service public fédéral (SPF) Santé publique lance une campagne contre la consommation d'alcool chez les mineurs entre autres dans les maisons de jeunes et autres associations de jeunes. La problème de l'abus d'alcool chez les adultes est cependant bien plus aigu, tant sur le plan quantitatif que qualitatif.

Je souhaiterais obtenir une réponse aux questions suivantes :

1) La ministre dispose-t-elle de statistiques et de résultats de recherches concernant l'abus d'alcool chez les adultes, ainsi qu'une comparaison pondérée, quantitative et qualitative avec la même problématique chez les mineurs ? Dispose-t-elle d'éléments empiriques prouvant que l'abus d'alcool est (relativement) plus prononcé dans un des deux groupes ?

2) Estime-t-elle comme moi qu'une baisse de l'abus d'alcool chez les adultes représente la meilleure prévention pour les mineurs ? Considère-t-elle également que l'alcoolisme est l'une des dépendances les plus importantes et que l'alcool représente une drogue dure ? Le SPF Santé publique opère-t-il une distinction entre consommation et abus d'alcool et, dans l'affirmative, sur quels critères se base-t-il ? Comment la ministre envisage-t-elle de créer une assise sociale afin de lutter efficacement contre l'abus d'alcool ?

3) Qu'envisage-t-elle d'entreprendre en collaboration avec son SPF afin de combattre l'abus d'alcool chez les adultes ? Prévoit-elle également une campagne à ce sujet ? À combien de moyens et d'effectifs pourrait-on faire appel pour une telle campagne ? Envisage-t-elle, en collaboration avec la Justice, d'entreprendre des actions concrètes autour de cette problématique, notamment en vue de prévenir et de réprimer plus sévèrement l'ivresse publique ?

4) Existe-t-il une concertation et/ou une collaboration avec les communautés à cet égard ? Dans l'affirmative, peut-elle en donner les détails ? Dans la négative, pourquoi ?

Réponse reçue le 25 mai 2011 :

1) Nous disposons des données de l’enquête nationale de santé par interview de 2008 qui nous informe sur base de nombreux indicateurs de la consommation de boissons alcoolisées parmi la population belge. On y apprend notamment que l’usage problématique de l'alcool touche davantage les hommes que les femmes (13 % contre 7 %, respectivement).

Les problèmes liés à l'alcool varient avec l'âge: 8 % des jeunes de 15-24 ans connaissent déjà une consommation problématique, mais ce taux augmente jusqu'à 13 % chez les personnes de 45-54 ans. La prévalence de l'usage problématique de l'alcool diminue ensuite progressivement pour ne concerner que 3 % des personnes âgées de 75 ans et plus.

La distribution par âge et par sexe montre que la consommation problématique touche d'emblée un jeune homme sur dix de 15-24 ans et connaît un taux record (17 %) à l'âge de 25-34 ans. Entre 45 et 64 ans, un peu plus de 15 % des hommes rapportent une consommation alcoolique à problème. Chez les femmes, la consommation problématique est plus souvent rapportée à l'âge de 45-54 ans (12 %).

Il existe donc des différences relatives à la consommation problématique d’alcool en fonction des différents groupes étudiés (tranches d’âges, sexe, etc.).

2) et 4) Il est évident que la consommation problématique d’alcool chez les adultes est un problème important, puisque nous savons que celle-ci peut entrainer une consommation plus importante d’alcool chez leurs enfants. Cependant, comme vous le savez, la prévention n’entre pas dans le cadre fédéral, mais bien dans celui des différentes communautés. L’autorité fédérale est néanmoins très active dans la limite de ses propres compétences pour lutter de la manière la plus globale possible contre la consommation abusive d’alcool. Nous ne pouvons en effet réussir une lutte efficace qu’en combinant des mesures touchant les différents aspects liés à celle-ci. C’est la raison pour laquelle j’ai travaillé à la déclaration sur la politique future en matière d’alcool de juin 2008 avec les différents ministres des entités fédérées compétents pour la santé et que d’autres actions ont été entreprises notamment par mes collègues du gouvernement fédéral.

3) Cette déclaration conjointe fixe les objectifs à atteindre en matière de publicité et de marketing, à savoir « institutionnaliser la convention signée en matière de publicité entre le secteur, les consommateurs et le ministre de la santé publique en 2005 et qui confie au Jury d’éthique publicitaire le soin de contrôler le respect de l’application de cette convention ». Ce travail d’institutionnalisation mais également de renforcement du texte de la convention est en cours, mais ne pourra être clôturé et mis en place que par un gouvernement de plein exercice.

Via le Fonds de lutte contre les assuétudes, alimenté via l’Institut National d'Assurance Maladie Invalidite (INAMI), des projets novateurs sont financés depuis 2007. Une partie des projets concernent la lutte contre les effets négatifs de la consommation de l’alcool, à savoir :

1. www.alcoholhulp.be (CAD Limburg -depuis 2007 et encore en cours). L’objectif est de proposer une prise en charge online et de diffuser des informations via internet pour les problèmes d’alcool (+ autotesting).

2. Campagne nationale drogues-alcool (IDA – 2007 + 2009). Deux campagnes récurrentes ont été réalisées. Une première « générale » à l’attention du grand public et incluant plusieurs substances et une plus spécifique sur les jeunes et l’alcool.

3. Alcohol binnen het gezin - focus op het kind/de jongere (Psychiatrisch Centrum OLV van Vrede 2007). Le but est de créer un réseau pour l’accueil des enfants des usagers d’alcool et de drogues et d’optimaliser les soins individuels et l’accompagnement des jeunes et de leurs parents.

4. Kinderen van ouders met een verslavingsprobleem - alcohol/middelen en gezin (CAT Preventiehuis – 2007 + 2008). Projet d’intervention précoce à l’attention des enfants de parents usagers de drogues et d’alcool.

5. Liaison alcool (Interstices CHU St Pierre – depuis 2009 et encore en cours). Il s’agit d’un projet de sensibilisation du personnel soignant des différentes unités de l’hôpital à la prise en charge des problèmes d’alcool.

6. Ontwikkeling van richtlijnen voor vroegdetectie en kort advies met betrekking tot de risico's van alcoholgebruik bij conceptie, zwangerschap en borstvoeding (IDA – 2009). Ils ont réalisé et diffusé une brochure concernant la problématique de l’alcool et grossesse et ils ont organisé une journée d’étude à l’attention des professionnels de santé.

7. Implémentation d'un projet de sevrage à domicile de personnes alcoolo-dépendantes (La CAHO – depuis 2010 et encore en cours).

8. Projet national d’information et sensibilisation : -16 pas d’alcool (IDA – depuis le 1er janvier 2011). Ce projet vise l’amélioration de la connaissance du changement de la législation concernant l’interdiction de vente d’alcool aux moins de 16 ans (via des autocollants, des affiches, via la presse écrite, etc.).

9. Intervention spécifique sur les problèmes d’alcool dans les services des urgences (IDA – depuis le 1er janvier 2011). Ce projet a pour objectif de développer un modèle d’intervention spécifique aux urgences pour les problèmes d’alcool (collaborations 6 hôpitaux).

Budget du fonds de lutte contre les assuétudes :

Dès lors, on peut avancer que, depuis l’instauration du fonds de lutte contre les assuétudes, 2 989 178 euros ont été alloués à des projets spécifiques autour de la problématique de l’alcool.

Des activités en collaboration avec la Justice ne sont actuellement pas prévues.

En général, le sujet de l’alcool devra, suite à la Déclaration Conjointe susmentionée, dorénavant être développé au sein de la Cellule Générale de Politique Drogues. En effet, cette Cellule rassemble toutes les autorités, à tous les niveaux, compétents en matière de drogues, en ce compris le tabac, les médicaments psychoactifs et l’alcool.