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Question écrite n° 5-6278

de Freya Piryns (Groen) du 22 mai 2012

à la secrétaire d'État à l'Asile et la Migration, à l'Intégration sociale et à la Lutte contre la pauvreté, adjointe à la ministre de la Justice

L'avis destiné aux demandeurs d'asile du Bangladesh à l'Office des étrangers

asile politique
Bangladesh
Office des étrangers
migration illégale
demandeur d'asile

Chronologie

22/5/2012 Envoi question
4/6/2012 Réponse

Requalification de : demande d'explications 5-2175

Question n° 5-6278 du 22 mai 2012 : (Question posée en néerlandais)

La semaine du 22 mars, l'avis suivant, destiné aux demandeurs d'asile venant du Bangladesh, était affiché à l'accueil de l'Office des étrangers :

“Do you come from Bangladesh?

You've just applied for asylum in Belgium. Know that your expectations are probably not realistic:

- Bangladeshi people have little chance to be recognized as refugees

- Undeclared work is being penalized heavily.

- We know that many of you come from the United Kingdom as students, by checking your fingerprints. This means that you are obliged to return to the UK, also when you want to apply for asylum.

But you can also return to Bangladesh and we can help you to do so!

How?? Call the telephone number below and we will pay your flight ticket and will help you to get a passport when you don't have one yourself anymore.”

J'ignore si l'avis est encore affiché, mais me pose quand même des questions sur la méthode.

Je sais que le nombre de demandes des ressortissants du Bangladesh a connu une progression inquiétante en 2010 et en 2011, et que peu d'entre eux sont reconnus comme réfugiés. Je comprends donc la nécessité d'une réaction, mais le procédé me semble non seulement contre-productif, mais aussi méprisant et discriminatoire.

Si on regarde les chiffres, il est clair qu'une concertation avec le pays d'origine s'impose à bref délai, et qu'il faut mettre sur pied des campagnes de dissuasion.

Voici mes questions concrètes :

1) Pourquoi l'Office des étrangers affiche-t-il cet avis à l'attention des Bangladeshi et pas d'autres nationalités ? Le Bangladesh n'est pas l'unique pays que les gens fuient malgré une probabilité assez faible de protection en Belgique.

2) Ne pensez-vous pas qu'il existe des façons plus efficaces premièrement d'informer les gens et deuxièmement de mener des campagnes de dissuasion, ici comme dans le pays d'origine ? Depuis des années, Groen plaide pour l'instauration d'un système d'encadrement du trajet d'asile, même s'il se termine par un rapatriement. Mais c'est à établir un lien de confiance que nous pensons, ce qui, à mes yeux, aurait de bien meilleurs résultats qu'afficher une feuille de papier.

Réponse reçue le 4 juin 2012 :

Les affiches placardées ne s’adressent pas uniquement aux personnes originaires du Bangladesh mais aussi aux personnes d’autres pays. L’objectif consiste en effet à informer activement les personnes dont la demande d’asile a peu de probabilité d’avoir une issue positive des possibilités de retour volontaire dans leur pays dès l’introduction de leur demande d’asile.

La réforme de la loi relative à l’accueil prévoit que l'Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (FEDASIL) entame un trajet de retour après la décision négative du Commissariat général aux réfugiés et aux Apatrides (CGRA). Après la notification de l’ordre de quitter le territoire, ce trajet de retour est suivi conjointement par FEDASIL et par l’Office des étrangers (OE). Les étrangers seront encadrés par un coaches au retour. Toutefois, cela n’empêche pas d’informer les candidats à l’asile sur tous les faits pertinents, et ce, dès l’introduction de leur demande. C’est certainement le cas lorsque ces personnes proviennent de pays pour lesquels on enregistre un afflux massif de demandes sans raison apparente (liée à la Convention de Genève). Cette approche a déjà prouvé son utilité pour les pays des Balkans.

Enfin, je tiens à signaler que les campagnes de dissuasion ont un important rôle à jouer dans la politique de migration, tant dans les pays d’origine qu’en Belgique.