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M. Richard Miller (MR). - Depuis le début de l'intervention de l'OTAN en Afghanistan, on constate malheureusement de plus en plus souvent que des soldats afghans, entraînés par les soldats de la FIAS, prennent pour cible non pas les talibans mais les soldats de la coalition. Les raisons de ces drames peuvent être nombreuses : il peut s'agir de talibans infiltrés au sein de l'Armée nationale afghane (ANA), d'un différend entre les soldats afghans et occidentaux ou d'une vengeance en réaction à une bavure ou à une profanation du Coran...
Dernièrement, ces actes se sont multipliés de manière inquiétante : sauf erreur de ma part, vingt soldats de la coalition ont été abattus depuis 2012. Malgré la gravité des actes qui ont pu conduire à ces événements, ceux-ci ne devraient jamais avoir lieu. L'armée belge est présente en Afghanistan, dans le cadre de la mission de l'OTAN, afin d'assurer la sécurité et la stabilité dans le pays, l'objectif étant d'établir un État de droit dans ce pays. Il est inadmissible que les soldats afghans, entraînés par la coalition pour mener à bien cette mission, retournent leurs armes contre les membres de la FIAS.
Les soldats belges, basés notamment à Kunduz, dans le nord de l'Afghanistan, entraînent des soldats afghans dans le cadre de la mission d'instruction. Je ne sais évidemment pas de quelle manière cette mission est organisée, ni les dispositions prises afin de la mettre en pratique. Cependant, vu que des instructeurs belges encadrent la formation de l'armée nationale afghane, ceux-ci sont en contact direct avec les soldats afghans.
Je souhaiterais avoir votre avis à ce sujet, monsieur le ministre, et savoir quelles mesures ont été prises afin d'éviter ce type d'incidents auprès des troupes belges positionnées en Afghanistan. On me dit même que dans le jargon technique, on parle d'attaques « green on blue ». Je fais confiance à l'état-major de l'armée et à vous-même dans l'organisation des missions en Afghanistan et je suis certain que vous avez pris toutes les dispositions afin de vous assurer que nos soldats courent le moins de risques possible lors de leurs déplacements sur le théâtre des opérations afghan.
M. Pieter De Crem, ministre de la Défense. - À la suite des différents incidents impliquant des militaires afghans et des militaires de la FIAS, cette dernière a édicté des mesures destinées à renforcer la sécurité de son personnel et à éviter au maximum de tels incidents, appelés « green on blue » en jargon militaire.
L'état-major de la Défense a élaboré à la mi-mars 2012 un document destiné aux militaires belges déployés en Afghanistan. Ce document traite de la menace, des recommandations à suivre, de la différence culturelle, des comportements offensants à éviter, mais également des indicateurs de comportements violents et des réactions à adopter en cas d'incident « green on blue ». Le document servira également à préparer le personnel avant son déploiement sur le théâtre des opérations.
Afin de ne pas compromettre l'intégrité physique des militaires belges, vous comprendrez que je ne puisse vous livrer le détail des mesures de sécurité qui y figurent. Néanmoins, si vous le souhaitez, je peux organiser un entretien avec quelques collaborateurs de mon cabinet qui vous fourniront de plus amples informations en tête-à-tête.
M. Richard Miller (MR). - Je remercie le ministre de sa réponse.
Comme je l'ai dit dans ma question, je ne doute pas que les dispositions adéquates aient été prises. J'accepte avec plaisir la proposition du ministre.