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Sénat de Belgique

Annales

JEUDI 7 AVRIL 2011 - SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

(Suite)

Question orale de M. Louis Siquet à la ministre de l'Intérieur sur «la sécurité nucléaire» (nº 5-116)

M. Louis Siquet (PS). - Le tremblement de terre au Japon et le tsunami qui a suivi ont causé des dommages considérables en vies humaines et c'est d'abord vers les victimes que doit se tourner la solidarité internationale. Je souhaite interroger la ministre à propos des conséquences sur les centrales nucléaires.

L'expérience nous montre en effet que les catastrophes sont souvent vite oubliées.

La catastrophe japonaise a suscité chez nous, dans la presse, dans les réseaux sociaux, des sentiments de crainte et un regain d'intérêt pour les énergies renouvelables.

Par ailleurs, des mesures additionnelles sont annoncées en matière de sécurité.

À cet égard, des progrès pourront certainement être réalisés grâce au plan belge de développement des énergies renouvelables, déposé en fin d'année auprès de la Commission européenne. J'aurai l'occasion de m'informer plus avant des mesures visées auprès de votre collègue en charge du développement des énergies renouvelables.

Par ailleurs, madame la ministre, en ce qui concerne votre sphère de compétences, puis-je vous demander quelle sont les mesures mises en place afin d'assurer la sécurité de la population de notre pays ? Quelles mesures ont-elles été prises en faveur de la population de langue allemande ?

Ich möchte Sie daran erinnern, dass sich in diesem Rahmen eine grosse und bedeutende Initiative aus dem Bezirk Aachen bemerkbar macht gegenüber Tihange und dem AKW auf niederländischem Territorium, welches 23 Kilometer von Aachen entfernt ist.

Diese Initiative riskiert sich auf die deutschsprachige Gemeinschaft zu erweitern.

Cela risque de s'étendre à la Communauté germanophone. Il faut savoir que plus de onze mille Allemands habitent sur notre territoire et ce nombre augmente de jour en jour.

Mme Annemie Turtelboom, ministre de l'Intérieur. - Il est évident que l'exploitation des centrales nucléaires doit se faire dans les plus grandes conditions de sûreté. L'Agence fédérale de Contrôle nucléaire et sa filiale Bel V sont chargées d'assurer la surveillance de toutes les installations nucléaires en Belgique.

La Belgique produit 55% de son électricité à partir de l'énergie nucléaire. Il ne sera pas possible de sortir du jour au lendemain du nucléaire. C'est pourquoi, nous devons continuer d'investir dans des formes alternatives d'énergie et bien sûr, dans la sécurité et la sûreté de nos installations nucléaires.

Je commencerai par rappeler que dans la définition des caractéristiques d'une centrale nucléaire, il faut prévoir qu'elle résiste à toute une série d'accidents, tant internes qu'externes.

Plusieurs scénarios d'accidents dits « accidents de référence » sont ainsi pris en considération comme des tremblements de terre, des inondations, des explosions de gaz, des chutes d'avions, des attentats terroristes.

Pour pouvoir parer les conséquences d'un accident, des dispositifs de sauvegarde ont été installés et des procédures d'exploitation d'urgence développées. Les installations vitales sont multipliées, selon le Les installations vitales sont multipliées, selon le principe de redondance.

Nous veillons en outre à la maîtrise d'accidents hypothétiques, dont la gravité dépasse celle des accidents de référence. Tous les dix ans, chaque installation subit un check-up complet baptisé « révision décennale de sûreté » afin de vérifier sa conformité aux normes de sécurité les plus récentes. Ces révisions ont donné lieu à des investissements considérables en vue d'adapter les installations, notamment les trois plus anciennes centrales nucléaires, qui auront quarante ans en 2015.

Nous devons évidemment tirer les leçons des événements du Japon. Les stress tests doivent être mis en oeuvre le plus rapidement possible et concerner toutes les installations nucléaires, y compris celles de l'IRE et de Belgoprocess. Les résultats permettront de confirmer, de relativiser ou d'invalider l'état de sûreté de nos installations.

Les conclusions de ces stress tests devront être très claires : la centrale devra être immédiatement être fermée, temporairement fermée afin de procéder aux adaptations nécessaires ou pourra continuer à fonctionner.

La sûreté nucléaire est avant tout une matière internationale. Les exploitants et les autorités belges participent activement aux réunions de l'Agence internationale de l'énergie atomique, de l'Agence pour l'énergie nucléaire de l'OCDE et de la Western European Nuclear Regulators' Association. Les inspections, les exercices collectifs et la recherche des hauts standards de sûreté se déroulent dans ce cadre.

Il faut être parfaitement préparé à tout risque et pouvoir faire face aux conséquences d'un éventuel accident nucléaire. Des plans d'urgence ont donc été établis et des exercices cordonnés par le Centre de crise gouvernemental et impliquant les services de secours concernés sont régulièrement organisés. Les mesures potentielles de protection - mise à l'abri ou évacuation de la population, prise de comprimés d'iode, restrictions en matière de consommation de certaines denrées alimentaires - sont prévues dans les zones de planification d'urgence définies autour des installations concernées. La forme et la superficie des zones d'intervention effective sont évidemment adaptées en fonction des conditions réelles.

Une campagne nationale est actuellement menée pour informer la population sur l'attitude à adopter en cas d'accident nucléaire et des comprimés d'iode sont mis gratuitement à la disposition des personnes résidant à proximité d'un site nucléaire. Cette campagne est soutenue par un site web en quatre langues. La version allemande est accessible à l'adresse suivante : www.nuklearrisiko.be. Toutefois, aucune zone à risque dans un rayon de vingt kilomètres autour d'un site nucléaire n'est située sur le territoire de la Communauté germanophone.

Enfin, j'insiste sur la nécessité d'organiser des contrôles efficaces, sérieux, objectifs et indépendants et de toujours informer la population de manière transparente et objective.

M. Louis Siquet (PS). - La ministre m'a donné une réponse très complète et je l'en remercie. Je voudrais cependant lui faire remarquer qu'il ne faudrait pas que les stress tests servent à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Par ailleurs, il faudrait tenir compte des réactions émanant des régions frontalières car elles pourraient envenimer la situation dans notre pays.