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Sénat de Belgique

Annales

JEUDI 11 DÉCEMBRE 2008 - SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

(Suite)

Question orale de M. Christophe Collignon à la ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques sur «les nouveaux horaires de la SNCB» (nº 4-515)

M. Christophe Collignon (PS). - Ce premier décembre, la SNCB a annoncé une modification de ses horaires, qui entrera en vigueur le 14 de ce mois. Les principaux changements touchent la région d'Anvers et la Flandre, où l'offre sera considérablement augmentée.

Pour le sud du pays, les améliorations sont beaucoup moins nombreuses. Si certaines lignes seront un peu mieux desservies et les temps de parcours réduits par endroits en théorie, certains arrêts - et non des moindres, comme Ans par exemple -, ne seront plus desservis aussi régulièrement, alors que le manque de places y est déjà chronique.

Ces carences ont également été relevées par l'ACTP, l'Association des clients des transports publics, qui a donné, dans un communiqué, d'autres exemples qu'il me semble inutile de détailler ici.

Madame la ministre, la question des horaires de la SNCB touche en fait aux deux principales revendications des navetteurs, à savoir la ponctualité et le manque chronique de places.

La publication des nouveaux horaires semble réserver à la Flandre les principales améliorations, tant en temps de parcours qu'en augmentation de l'offre.

Pourriez-vous dès lors, madame la ministre, me faire part de votre opinion quant à l'équilibre nécessaire entre les régions de ce pays par rapport aux changements annoncés ?

Dans son communiqué, la SNCB signale que 36 000 voyageurs seront avantagés et 5 000 désavantagés. Je suis régulièrement interpellé par des navetteurs wallons se plaignant d'un manque chronique de places, de trains réduits, d'arrêts supprimés, ainsi que de retards quotidiens. Pourriez-vous m'indiquez quelles sont les mesures pro-actives que compte prendre la SNCB pour augmenter l'offre à court terme dans le sud du pays ?

Mme Inge Vervotte, ministre de la Fonction publique et des Entreprises publiques. - Les adaptations horaires annuelles sont décidées en fonction, d'une part, du contrat de gestion qui prévoit une augmentation du nombre de voyageurs de 25% d'ici à 2012 par le biais d'une amélioration qualitative de l'offre de trains, et, d'autre part, de la mise en oeuvre d'infrastructures importantes.

Les améliorations apportées au plan de transport doivent néanmoins cadrer tant avec la disponibilité des moyens de production - personnel et matériel - qu'avec les capacités de circulation sur le réseau.

En ce qui concerne le service de trains de décembre 2008, les adaptations sont majoritairement liées à la poursuite de la mise en oeuvre de la révision de l'offre autour d'Anvers, à la suite de la mise en service de la gare souterraine. Il faut noter qu'à la suite de ces travaux, le service des trains à Anvers a été fortement réduit pendant plusieurs années. Conjointement, des améliorations sensibles ont été apportées dans d'autres zones du pays. C'est spécialement le cas pour la ligne 94 de Bruxelles à Tournai. En effet, Tournai et Leuze disposeront désormais de deux relations par heure avec la capitale - au lieu d'une maintenant -, et ce durant toute la journée.

L'offre de trains n'est en aucun cas diminuée et certainement pas à Ans, comme le signale M. Collignon. À Ans, l'offre est restée la même.

En ce qui concerne l'allongement du temps de parcours, Infrabel a effectivement demandé un temps supplémentaire de deux minutes sur certains tronçons, comme Lier-Herentals, Heist-op-den-Berg-Lier et Anvers-Bruxelles, et ce, afin de compenser les pertes de temps liées à de nouveaux travaux d'infrastructure.

Sur le tronçon Marloie-Luxembourg-frontière, trois minutes seront également ajoutées à cause des travaux.

Toutes les relations circulant via ces tronçons verront donc leur temps de parcours légèrement allongé, ce qui aura essentiellement des conséquences pour le nord-est du pays.

En revanche, les quelques minutes supplémentaires prévues dans le cadre des travaux effectués entre Liège et Bruxelles ont été supprimées, de sorte que certaines relations seront désormais plus rapides.

Pour pallier le manque de places assises, de nouvelles voitures M6 à double étage sont actuellement livrées de manière intensive. Le gouvernement a décidé de renforcer l'achat de ces voitures, à concurrence d'un budget de 350 millions d'euros. Elles seront également mises en service dans le sud du pays afin d'offrir plus de places assises à la clientèle.

M. Christophe Collignon (PS). - J'ai bien entendu la réponse de la ministre et je connais les objectifs du contrat de gestion. J'observe cependant que les adaptations concernent essentiellement Anvers et d'autres villes du nord du pays, même si à l'avenir, on essaiera de mieux desservir le sud du pays.

Il faut éviter que la SNCB mène une politique à deux vitesses. Je souhaiterais qu'à l'avenir, on tienne compte du fait que le sud du pays a une superficie plus étendue, même s'il compte moins de navetteurs.