Questions et Réponses

SÉNAT DE BELGIQUE


Bulletin 3-82

SESSION DE 2006-2007

Questions posées par les Sénateurs et réponses données par les Ministres (Art. 70 du règlement du Sénat)

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre des Affaires sociales et de la Santé publique

Question nº 3-6438 de Mme de T' Serclaes du 20 décembre 2006 (N.) :
Politique de santé. — Dimension du genre.

Ces dernières années ont vu un intérêt croissant pour les problèmes spécifiques de santé que rencontrent les femmes au cours de leur vie dans le domaine de la santé. Plusieurs rencontres internationales, comme par exemple la conférence du Caire en 1994 sur la population et le développement ou la conférence de Beijing sur les femmes en 1995, ont mis en lumière la nécessité d'analyser plus avant l'impact du genre et des conditions sociales spécifiques qui y sont liées sur la santé.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour sa part, a souligné à de multiples reprises la nécessité pour les états d'effectuer des recherches à ce sujet de manière à bien identifier les spécificités liées à chaque sexe en matière de santé. À cet égard, il est intéressant de mentionner le « Bureau pour la santé des femmes et l'analyse comparative entre les sexes » qui a été crée en 1993 au Canada.

Ce bureau est le centre de référence pour la santé des femmes au sein du gouvernement fédéral canadien. Il fournit des conseils en matière de politiques et dirige des initiatives visant à améliorer la santé des femmes et à mieux faire comprendre la façon dont le sexe social et le sexe biologique influent sur la santé tout au long de la vie. Le bureau renforce la capacité du ministère de la Santé du Canada en coordonnant la mise en œuvre de l'analyse comparative entre les sexes et établit des rapports sur l'élaboration des lois, des politiques et des programmes tenant compte des différences entre les sexes. Par l'intermédiaire des centres d'excellence pour la santé des femmes, des groupes de travail et du Réseau canadien pour la santé des femmes, le Bureau assure également la réalisation de recherches pertinentes sur les politiques et la diffusion de l'information. Il entretient des relations continues avec les provinces et les territoires, les principales organisations de femmes, les chercheurs du domaine de la santé et d'autres intervenants afin de promouvoir la participation active des femmes et des hommes à l'amélioration de leur santé et de leur bien-être.

Par ailleurs, toujours au Canada, le programme de contribution pour la santé des femmes a été lancé en 2006. Ce programme avait pour but de combler les lacunes de la recherche sur la santé des femmes de manière à permettre aux intervenants du système de santé de mieux comprendre les questions de santé des femmes et de pouvoir mieux y répondre. Dans la foulée ont été créés les centres d'excellence pour la santé des femmes qui sont un partenariat multidisciplinaire unique entre les universités, les organismes communautaires et les décideurs.

À la lumière de cet exemple canadien, l'honorable ministre pourrait-il préciser comment est prise en compte dans son département la dimension du genre ?

À ma connaissance, il n'y a que peu de recherches menées et d'attention portée aux problèmes spécifiques rencontrés par les femmes en matière de santé. Il ne me semble pas qu'il existe une approche spécifique qui tienne compte des différences entre les sexes dans la politique des soins.

Une initiative comme celle développée par « Santé Canada », qui date de plus de 10 ans, ne pourrait-elle être une source d'inspiration utile pour nous de manière à répondre aux recommandations unanimement reconnues au niveau international à ce sujet ?

Réponse : J'ai lu avec attention les documents relatifs au « Bureau pour la Santé des femmes et l'analyse comparative entre les sexes » et à sa mise en œuvre au Canada.

Vous avez raison, cette initiative est intéressante et ce, à de nombreux égards.

La question de la prise en compte du genre en matière de santé est une problématique tout à fait spécifique qui nécessite une étude approfondie de la question.

Dans le cadre de mes compétences, j'ai de nombreux contacts avec l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes. Je compte aborder cette problématique lors de nos prochaines réunions.

Ceci s'inscrit également dans le cadre de l'« Année européenne de l'égalité des chances pour tous — Vers une société plus juste » telle qu'envisagée par l'Union européenne pour l'année 2007.