3-153

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Belgische Senaat

Handelingen

DONDERDAG 9 MAART 2006 - NAMIDDAGVERGADERING

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Wetsontwerp houdende instemming met de Overeenkomst inzake politieke dialoog en samenwerking tussen de Europese Gemeenschap en haar Lidstaten, enerzijds, en de Andesgemeenschap en haar Lidstaten (Bolivia, Colombia, Ecuador, Peru en Venezuela), anderzijds, en met de Bijlage, gedaan te Rome op 15 december 2003 (Stuk 3-1504)

Algemene bespreking

M. Pierre Galand (PS), rapporteur. - Madame la Présidente, cet accord est un premier pas vers un accord de libre-échange entre les deux partenaires, la Communauté européenne et la Communauté andine. Il a déjà été ratifié par environ la moitié des États membres de l'Union européenne.

Les articles 1 et 2 ainsi que l'ensemble du projet de loi nº 3-1504/1 ont été adoptés à l'unanimité des neuf membres présents en commission des Relations extérieures. Les principaux éléments de cet accord concernent un dialogue politique régulier, le respect des droits de l'homme ainsi que la prévention des conflits, l'intégration et la coopération régionale, le renforcement de la coopération économique, la coopération sociale et culturelle, la coopération dans les domaines de l'immigration illégale, de la lutte contre les drogues et contre le blanchiment des capitaux ainsi que contre le terrorisme.

Je voudrais, en ma qualité de rapporteur, fournir sur ce point un éclairage particulier : il s'agit de la lutte contre le terrorisme en Colombie.

Pour mettre en échec les organisations d'opposition armées qui s'opposent à lui depuis plus de 35 ans, l'État colombien a, de tout temps, employé la même stratégie : détruire ou neutraliser le tissu social qui les soutient de façon réelle, potentielle ou présumée.

Véritable terrorisme d'État, la sale guerre qu'il mène repose sur deux piliers fondamentaux, les opérations cachées ou clandestines des forces militaires et la mise en place de groupes paramilitaires.

Ces derniers sont le centre névralgique de la contre-insurrection menée par l'État et en particulier, par les forces militaires. Le président de Colombie, M. Uribe, présente ses négociations avec les paramilitaires et le recul de la guérilla comme preuve de sa volonté d'établir la paix par tous les moyens.

Ces négociations de paix sont en fait une farce : depuis 2002, l'État et les paramilitaires ont mis en scène de prétendues négociations faites de menaces, de ruptures et d'avancées. Ce simulacre avait un double but : justifier l'impunité dont bénéficient ces milices, et les concessions de la part de l'État pour obtenir le dépôt des armes. Au bout du compte, la loi de justice et paix a permis d'instrumentaliser l'impunité. Aujourd'hui, les autodéfenses unies de Colombie, AUC, couvrent presque la totalité du pays. Leurs effectifs sont passés de 3000-4000 hommes à 20.000 hommes selon les estimations. Ce que les FARC ont mis 50 ans à réussir, les AUC l'ont fait en moins de cinq ans, une expansion inimaginable sans la collaboration d'une partie de l'État.

Pour rappel, les FARC sont sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, alors que les AUC ne s'y trouvent pas. C'est d'ailleurs pour cela qu'il faut disqualifier au niveau international la politique colombienne en la matière, briser la caricature qui présente un État faible attaqué de toutes parts, une démocratie contre le terrorisme.

La pression internationale doit forcer les autorités colombiennes à rompre avec les paramilitaires et à engager des négociations avec la guérilla. C'est la seule alternative à la voie militaire et à la guerre actuelle.

-De algemene bespreking is gesloten.