(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais
Taiwan est un état démocratique avec lequel la Belgique entretient des relations commerciales et qui fait partie des pays les plus développés du monde, également en ce qui concerne ses soins de santé.
Taiwan souhaite devenir membre de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Cela ne s'avère pas possible à ce jour parce qu'un pays communiste, la République populaire de Chine, s'y oppose.
Tous les pays ont pourtant intérêt à ce qu'il y ait un tel échange entre l'OMS et Taiwan, comme cela s'est avéré par exemple à l'occasion de l'épidémie de SRAS.
1. Quelle est la position de la diplomatie belge dans cette affaire ?
2. L'honorable ministre envisage-t-il de mettre en œuvre des initiatives dans cette affaire ?
3. Quels échanges bilatéraux y a-t-il entre la Belgique et Taiwan en matière de santé publique, de formation de dispensateurs de soins et de recherche médicale ?
4. Quelles sont les perspectives d'avenir pour la coopération bilatérale entre la Belgique et Taiwan en matière de santé publique, de formation de dispensateurs de soins et de recherche médicale ?
Réponse : J'ai l'honneur de donner la réponse suivante à la question de l'honorable membre.
1. a) La position de la diplomatie belge dans ce dossier est celle de l'Union européenne. Ainsi la Belgique a soutenu la proposition de la Commission européenne d'interroger le directeur général de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé) sur le suivi des suggestions de l'Union lors de la 57e Assemblée mondiale de la Santé (AMS) en 2004.
Compte tenu des incertitudes pesant sur la stabilité des relations entre les deux rives, l'Union, à l'AMS du 16 au 25 mai 2005, s'est tenue à la ligne précédemment agréée c'est à dire opposition à l'inscription du point « Statut d'observateur pour Taïwan » à l'ordre du jour, vote défavorable de l'Union si le point est inscrit en plénière et soumis à un scrutin, et pas de prise de position à titre national.
Rien en revanche ne s'oppose à ce que le directeur général de l'OMS recherche, tant pour la mise en œuvre du RSI (Réglement sanitaire international) que pour les autres réunions techniques de l'OMS, une solution pragmatique compatible avec le principe de l'unicité de la Chine et le statut juridique de l'Organisation, afin de favoriser l'accès de la population taïwanaise au meilleur niveau de santé.
Contrairement à 2004, la demande de Taïwan pour le statut d'observateur n'a pas donné lieu en 2005 à un débat général de l'Assemblée mondiale des ministres de la Santé. La question du statut d'observateur fut posée lors de l'adoption de l'ordre de jour. Elle fit l'objet de deux interventions en faveur de l'ajout de ce point à l'agenda (Tchad et Malawi) et de deux interventions s'y opposant (Chine et Pakistan). La présidence s'est bornée à constater qu'il n'y avait pas unanimité pour débattre du statut de Taiwan.
b) Au cours des négociations d'experts sur le nouveau règlement sanitaire international (RSI) Taiwan a tenté, par l'intermédiaire du Nicaragua, d'introduire la notion de « territoires non étatiques » dans le texte du règlement. Cette demande n'étant pas acceptable pour Pékin, un compromis a été trouvé à travers l'insertion dans le texte du RSI de la notion d'« application universelle du RSI ».
Les conditions de la participation de Taiwan aux activités de l'OMS ont été fixées dans un Mémorandum d'Accord conclu entre l'OMS et Pékin. Les termes de cet accord sont encore secrets. Le Directeur général de l'OMS a assuré que les termes de l'accord confèrent à Taiwan des avantages équivalents à ceux que procure le statut d'observateur. Il est peu probable que Taiwan se satisfasse de cet accord.
2. La position belge dans cette affaire ne dépend pas de moi, mais est toujours déterminée en accord avec le ministre des Affaires Étrangères et l'Union Européenne.
3. Il n'existe pas d'échanges officiels entre la Belgique et Taiwan en ce qui concerne la santé publique, la formation des dispensateurs de soins et la recherche médicale. Il y a bien des échanges et une collaboration dans le secteur privé.
Suite à une initiative belge, deux hôpitaux ont été fondés dont un, il y a plus de trente ans, dans le sud de Taiwan (Hu Wei) par un ecclésiastique de Verviers. Il est spécialisé dans les soins aux prématurés. Un deuxième a été fondé à Taïpei par les Zusters van Scheut. Ces deux hôpitaux font à présent partie du réseau médical privé de Taiwan. Des infirmières Belges de Scheut furent aussi les premières à fonder un hôpital pour les soins des patients atteints de la maladie d'Alzheimer qui reste actuellement un modèle pour les autres institutions de même type.
Des chercheurs Belges participent régulièrement à des congrès organisés par les services Taïwanais de Santé publique.
4. Il n'y a pas de débouchés pour une collaboration bilatérale entre la Belgique et Taïwan en ce qui concerne la santé publique, la formation des dispensateurs de soins et la recherche médicale. Seules des initiatives privées offrent des perspectives de futurs échanges et de collaboration avec Taiwan dans les domaines mentionnés par l'Honorable membre. Une collaboration entre universités peut aussi offrir une perspective de plus d'échange.