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M. Pierre Galand (PS). - J'espère vraiment qu'à la suite des deux interventions précédentes, nous pourrons reprendre, par le dialogue, en commission des Relations extérieures, un débat serein et positif sur cette coopération belgo-congolaise.
J'ai eu l'occasion de me rendre en Afrique de l'Ouest où j'ai pu constater les dégâts énormes causés par les criquets pèlerins. De nombreux essaims se déplacent à travers les pays sahéliens. Les récoltes, seul moyen de survie de plusieurs dizaines de millions de personnes déjà parmi les plus pauvres du monde, vont disparaître. La campagne de lutte contre les acridiens entre, à la mi-octobre, dans une phase critique, d'où l'urgence.
Malgré les mises en gardes répétées de la FAO depuis le printemps dernier, les neuf millions de dollars nécessaires à la prévention n'ont pas été réunis et cent millions de dollars sont désormais nécessaires pour faire face à cette crise d'une ampleur sans précédent depuis quinze ans.
La Belgique a-t-elle répondu à ce premier appel ? D'après le site de la FAO, des négociations seraient toujours en cours pour la contribution belge d'un montant de 532.000 dollars. Pourquoi ce délai vu l'urgence de la situation ?
Quelles sont les initiatives proposées par les représentants belges dans les institutions multilatérales et en particulier la FAO pour promouvoir de façon efficace une gestion préventive de ce fléau ?
Notre pays soutient-il la recherche de moyens moins agressifs, tels des agents de contrôle biologique des criquets ? Enfin, le GPS a permis de faire des progrès immenses dans la localisation et le suivi des essaims. La Belgique envisage-t-elle de contribuer à l'équipement des régions à risque de ces matériels afin de renforcer l'efficacité de la lutte ?
Hier, nous avons appris que l'Union européenne avait décidé de contribuer pour un montant de 50 millions d'euros, soit la moitié des cent millions requis par la FAO, à la lutte contre les criquets dans la région. Cela veut cependant dire qu'il manque près de cinquante millions d'euros. Quel est le point de vue de la Belgique ?
M. Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères. - L'acte unilatéral concernant le projet a été transmis à la FAO le 15 octobre 2004. Il s'agit d'une mise à jour tardive du site FAO. Actuellement, des négociations sont en cours en vue d'un financement supplémentaire pour le transport de pesticides dans les zones qui risquent d'être attaquées par des criquets.
Le représentant belge à la FAO, M. Dominique Burgeon, liaison officer pour la FAO auprès des Nations Unies à New York, vient d'être affecté temporairement à Rome pour coordonner les actions concernant la crise des criquets pèlerins.
Un projet de remote sensing de la FAO visant à une amélioration du suivi des essaims a été financé, pour un montant de 596.000 dollars américains, de la fin de 1995 à la fin de 1998. Il s'agit de la mise au point d'un logiciel permettant la détection rapide (early warning) d'essaims et la prévision de leur évolution à court terme. La Belgique a donc déjà financé des actions pilotes d'alerte précoce dans ce domaine.
M. Pierre Galand (PS). - Je ne sais ce que l'on pourrait faire de plus. En effet, voici un an, on pouvait enrayer cette invasion grâce à très peu de moyens. On a tellement tardé qu'aujourd'hui, cela coûte très cher. Actuellement, la situation des pays de l'Afrique subsaharienne est désastreuse et les pays maghrébins seront bientôt atteints. Il conviendrait donc d'agir préventivement afin de s'attaquer à une situation qui n'a pas été enrayée et qui va s'aggraver au cours des prochains mois.
M. Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères. - Je ne suis pas expert en criquet pèlerin, je l'avoue humblement. Cependant, je suis prêt à examiner les actions qui pourraient être engagées dans l'avenir. Ce seront nécessairement des actions internationales que la Belgique pourra éventuellement appuyer.