Questions et Réponses

Sénat de Belgique


Bulletin 3-18

SESSION DE 2003-2004

Questions auxquelles il n'a pas été répondu dans le délai réglementaire
(Art. 66 du règlement du Sénat)

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères

Question nº 3-859 de M. Van Overmeire du 24 mars 2004 (N.) :
Force d'intervention africaine. ­ Création. ­ Rôle de l'Union européenne et de la Belgique.

Les chefs d'États de l'Union africaine ont conclu, lors du sommet de Syrte en Libye, un accord sur la création d'une force d'intervention africaine (African Standby Force) pouvant intervenir lors des conflits internes sur le continent. Cette force armée serait composée de 15 000 hommes. Romano Prodi, le président de la Commission européenne, a assisté au sommet.

L'Union européenne interviendra-t-elle dans la création de cette « African Standby Force » ?

La Belgique jouera-t-elle un rôle à cet égard ?

Réponse : 1. La mise en place d'une force d'intervention africaine se situe dans le cadre de la politique commune africaine de défense et de sécurité et dans le volet « paix et sécurité » du programme de travail de l'Union africaine. C'est également dans ce cadre qu'un Conseil de paix et de sécurité a été mis en place pour l'Afrique.

2. En ce qui concerne notre engagement en Afrique, notre pays accorde son appui à cette évolution sur le continent africain et encourage la nouvelle dimension au sein de l'Union africaine de prendre une plus grande responsabilité pour la paix et la stabilité sur son propre continent.

3. C'est également dans ce contexte que notre pays a été un des premiers à donner son appui à la mise en place au Burundi de la première force africaine de paix, elle-même basée sur le noyau d'une force d'interposition sud-africaine déjà en place et renforcée par des troupes venant de l'Éthiopie et du Mozambique. Cette force d'interposition sud-africaine a également pu compter sur notre appui à la demande expresse de l'ancien président Nelson Mandela.

4. C'est également dans cet esprit que notre pays a plaidé au sein de l'Union européenne pour une finalisation dans les meilleurs délais des conditions de mise en place de la nouvelle Facilité pour la paix de l'Union en appui aux opérations de paix de l'Union africaine. Celles-ci ont d'ailleurs été acceptées fin mars au sein du Comité (Fonds européen de développement).

5. En ce moment, différents programmes bilatéraux existent en appui au renforcement des capacités africaines pour le maintien de la paix. Je pense en particulier au programme français Recamp mais aussi dans une certaine mesure à la formation en maintien de la paix donnée par nos militaires à Kisangani à la première brigade intégrée de la nouvelle armée congolaise.

6. Tenant compte de l'intérêt croissant pour les opérations de maintien de la paix au sein de l'Union européenne, je présume que la question de la mise en place d'une force d'intervention retiendra toute son attention au moment où l'initiative sera définie d'une façon plus précise.

7. Je me permets de souligner également que je suis de près ce thème en tant que co-président, avec le Mozambique, pour l'année 2004 du nouveau Partenariat pour l'Afrique qui rassemble des bailleurs bilatéraux et multilatéraux avec les structures du NEPAD. Le thème paix et stabilité comme responsabilité africaine ainsi que la mise en place d'une force d'intervention africaine y figurent en priorité à l'agenda et bénéficient d'une attention particulière de notre pays en tant que co-président du Forum.