(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais
Lors d'une conférence organisée à Genève en mars 2004, M. Ruud Lubbers, haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, a avancé l'idée qu'à la suite des changements intervenus dans divers pays africains, quelque deux millions de réfugiés africains pourraient rentrer chez eux. Un groupe de travail spécial a été institué pour soutenir le retour et la réintégration des réfugiés africains, mais les moyens financiers sont apparemment insuffisants pour payer les frais élevés liés au rapatriement des réfugiés.
La Belgique participe-t-elle à cette conférence ?
La Belgique a-t-elle promis son soutien ?
Réponse : Le 8 mars 2004, le haut commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Ruud Lubbers, a lancé une initiative à Genève en présence du commissaire européen Nielson et de différents hauts représentants africains. Il s'agit de donner un nouvel élan au retour volontaire, ainsi qu'à une réintégration durable, couplée à une coopération au développement pour soutenir les réfugiés en Afrique. Le projet pourrait porter sur quelque 2 millions de réfugiés au cours des cinq années à venir.
Un groupe de travail spécifique composé de représentants en poste à Genève a été mis en place. Il s'est réuni pour la première fois le 27 avril 2004 afin de discuter de la faisabilité de ce schéma de travail et des différentes options qui doivent être examinées plus en profondeur. La Belgique a participé à cette réunion dont les conclusions ont été communiquées à mon département par le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) le 18 mai 2004. Il est apparu que le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies s'est révélé l'organisation internationale la plus adéquate pour développer plus avant l'initiative prise le 8 mars 2004, lors d'un forum des États intéressés.
Il faut obtenir des éclaircissements plus détaillés et éviter des chevauchements de cette initiative avec d'autres initiatives du HCR récemment développées, comme la Convention Plus et les 4 R (rapatrier, réintégrer, réhabiliter et reconstruire). La volonté politique de réussir, de même que l'optimalisation de l'usage des moyens disponibles, sont les mots clés de ce processus.
Une feuille de route avec un futur planning jusqu'en janvier 2006 a été mise au point.
Les recommandations précédentes font maintenant l'objet d'un examen approfondi de nos services et il est encore prématuré de parler de processus décisionnel conclusif.
À ce stade, je peux déjà communiquer que j'envisage de répondre, par un montant de 2,5 millions d'euros (via le budget de l'aide d'urgence), au manque de moyens financiers du HCR. L'appui financier serait canalisé vers la région d'Afrique centrale. Nos services ont donc demandé au HCR de leur transmettre les dossiers opérationnels concernés. Cette aide ne serait aucunement limitée au rapatriement, mais couvrirait aussi l'entièreté des opérations d'assistance en faveur des réfugiés. Les décisions seront prises après l'évaluation des projets proposés.
Au niveau de la coopération au développement, il est nécessaire de rappeler que depuis plusieurs années la Belgique accorde son soutien au programme global développé par le HCR qui est opérationnel en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs et cela via l'enveloppe budgétaire de coopération multilatérale du HCR qui est notre partenaire. Régulièrement, la Belgique et le HCR coopèrent étroitement pour déterminer notre aide à l'organisation, sa méthode de travail, ainsi que les programmes. Pour 2004, on espère que la collaboration se poursuivra et sera orientée vers les programmes en Afrique centrale et dans la région des Grands Lacs, et ce pour un montant de 3 millions d'euros.