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Sénat de Belgique

Annales

JEUDI 29 MARS 2001 - SÉANCE DE L'APRÈS-MIDI

(Suite)

Question orale de M. Paul Galand au ministre de l'Intérieur sur «l'agression mortelle dont a été victime une personne sans domicile fixe à Gosselies et au danger que représentent des groupes d'hooligans extrémistes dont un membre a participé à ce meurtre» (n° 2-558)

M. le président. - M. Olivier Deleuze, secrétaire d'État à l'Énergie et au Développement durable, répondra au nom de M. Antoine Duquesne, ministre de l'Intérieur.

M. Paul Galand (ECOLO). - Dans la nuit de samedi à dimanche dernier, une personne sans domicile fixe a été rouée de coups et laissée pour morte par trois individus, dont un membre d'un « kop » de supporters ultraviolents, d'ailleurs interdits de stade. Ce drame nous rappelle le grand isolement et l'insécurité des personnes sans domicile fixe et que, régulièrement, certains supporters se distinguent par des actes d'une violence rare qu'ils posent avant, pendant, après et parfois même sans qu'un match ait eu lieu.

Ce phénomène hooligan existe depuis l'Antiquité puisque déjà, dans « La vie des Douze Césars », Suétone nous décrit des scènes dans les gradins parfois fort proches de ce que nous connaissons aujourd'hui dans nos stades. Les débats sur la protection et la sécurité des plus faibles et vis-à-vis du hooliganisme sont donc des débats de fond. Plus grave est l'infiltration de certains « kops » par l'extrême droite.

Dans l'immédiat, j'aimerais que le ministre réponde aux deux questions suivantes :

Des mesures particulières sont-elles prises au niveau de la police fédérale pour renforcer la protection des personnes sans domicile fixe ?

Quelles sont les différentes mesures prises en Belgique pour lutter contre la présence de l'extrême droite dans les rangs des supporters, tant au niveau de la police fédérale que des différents clubs ?

M. Olivier Deleuze, secrétaire d'État à l'Énergie et au Développement durable. - La police fédérale ne prend aucune mesure particulière en ce qui concerne la protection des personnes sans domicile fixe. Il s'agit d'une matière qui relève de la compétence des autorités locales et, par conséquent, de la police communale.

Toutefois, la protection des personnes sans domicile fixe est une réelle préoccupation pour le gouvernement fédéral. C'est la raison pour laquelle il considère qu'une concertation entre la police locale et la police fédérale en la matière est une nécessité.

La police fédérale ne joue aucun rôle dans l'admission des membres supporters de l'un ou l'autre club. En ce qui concerne l'appartenance à l'extrême droite, aucune mesure spécifique n'est prise à l'égard des supporters qu'ils soient d'extrême droite ou d'autres extrêmes.

Par contre, lorsque des supporters d'extrémistes commettent des infractions à la loi football ou à d'autres lois, comme, par exemple, la loi réprimant les actes de racisme et de xénophobie, ils peuvent se voir infliger une sanction, notamment une interdiction de stade, qu'elle soit judiciaire ou administrative. Tous les groupes qui représentent une menace potentielle font évidemment l'objet d'une surveillance adaptée.

M. Paul Galand (ECOLO). - J'insiste sur le fait que les personnes sans domicile fixe sont particulièrement vulnérables. J'entends bien que le gouvernement et le ministre sont préoccupés par cette situation et qu'ils veilleront à une coordination en la matière. Il appartient à toute autorité publique de protéger encore plus les personnes qui se trouvent dans une situation difficile.