Questions et Réponses

Sénat de Belgique


Bulletin 1-72

SESSION DE 1997-1998

Questions posées par les Sénateurs et réponses données par les Ministres

(Fr.): Question posée en français - (N.): Question posée en néerlandais


Ministre des Affaires étrangères

Question nº 567 de M. Anciaux du 30 octobre 1997 (N.) :
Ambassade de Belgique en Turquie. ­ Attitude face à la situation du Kurdistan.

Le 1er septembre 1997, un convoi de paix international a tenté de rejoindre Diyarbakir, la capitale non officielle du Kurdistan turc. Les organisateurs souhaitaient attirer l'attention sur la guerre en question et oeuvrer en faveur d'une solution politique et pacifique du conflit.

Des tracasseries et des arrestations ont toutefois empêché le convoi d'atteindre son objectif. Au cours d'une action, dans le cadre de laquelle le convoi fut conduit à la caserne d'Özel Tim (une unité spéciale de combat), les délégations étrangères réussirent à entrer en contact avec leurs ambassades.

Pour autant que je sache, la réaction de l'ambassade de Belgique fut la moins encourageante : les membres de l'ambassade informèrent les responsables de l'action qu'ils devaient avoir conscience du fait qu'ils s'ingéraient dans les affaires internes de la Turquie.

J'aimerais rappeler à l'honorable ministre que le monde occidental et donc, la Belgique, sont coresponsables en ce qui concerne les « affaires internes » de la Turquie, étant donné que ce pays est membre de l'O.T.A.N. et que d'énormes quantités d'armes y sont livrées par les pays occidentaux.

J'aimerais que l'honorable ministre réponde aux questions suivantes :

1. Quelles sont les consignes qui ont été données par le gouvernement belge à son ambassadeur en Turquie en ce qui concerne la situation du Kurdistan ?

2. L'ambassade a-t-elle été informée de la résolution du Parlement flamand ?

Réponse : 1. Je puis informer l'honorable membre qu'une des tâches principales de l'ambassade de Belgique en Turquie est de suivre la politique intérieure turque et d'en faire rapport. Elle fait aussi part aux autorités turques des conceptions politiques du gouvernement belge, déterminées en étroite coopération avec nos partenaires de l'Union européenne au sein de la « Politique étrangère et de sécurité commune » (P.E.S.C.) et tenant compte des opinions exprimées au Parlement belge. La situation kurde est donc suivie de très près et l'ambassadeur de Belgique entretient à ce sujet de multiples contacts avec les autorités turques. Enfin, une attention particulière est consacrée aux différents procès contre des activistes kurdes.

2. Chaque poste diplomatique belge est mis au courant des résolutions adoptées tant au Parlement fédéral que dans les parlements des entités fédérées pour autant que ces résolutions se rapportent à sa juridiction.