Flandre - Infractions - Faits enregistrés - Types - Chiffres - Évaluation
Région flamande
statistique officielle
criminalité
| 13/3/2025 | Envoi question (Fin du délai de réponse: 17/4/2025) |
| 17/4/2025 | Réponse |
Justification du caractère transversal de la question écrite: il est crucial de connaître les chiffres de la criminalité pour avoir une idée du bien-être dans notre société.
Une bonne connaissance des types d'infractions constatées est essentielle pour identifier des schémas et des tendances criminels. Cela peut être utile pour prendre des mesures plus ciblées qui visent à améliorer la sécurité et à élaborer des stratégies préventives.
1) Pouvez-vous fournir un relevé annuel du nombre total de faits enregistrés par la police entre 2018 et 2025 pour toutes les provinces flamandes, classées en fonction du nombre de faits enregistrés? Je voudrais que les chiffres de faits enregistrés soient ventilés selon les types d'infraction suivants:
a) cambriolage dans habitation ;
b) vol de voiture ;
c) faits de violence ;
d) violence intrafamiliale ;
e) vol dans ou sur un véhicule ;
f) cybercriminalité ;
g) criminalité économique ;
h) autres.
2) Comment évaluez-vous les chiffres des provinces? Que pensez-vous, en particulier, des chiffres du Brabant flamand par rapport à l'ensemble?
3) Pouvez-vous fournir un relevé annuel du nombre total de faits enregistrés par la police entre 2018 et 2025 pour toutes les zones de police du Brabant flamand, classées en fonction du nombre de faits enregistrés? Je voudrais que les chiffres de faits enregistrés soient ventilés selon les types d'infraction suivants:
a) cambriolage dans habitation ;
b) vol de voiture ;
c) faits de violence ;
d) violence intrafamiliale ;
e) vol dans ou sur un véhicule ;
f) cybercriminalité ;
g) criminalité économique ;
h) autres.
4) Que pensez-vous des différents chiffres des zones de police du Brabant flamand? Pouvez-vous identifier certaines tendances?
Afin de répondre aux différentes sous-questions de la manière la plus complète possible, il convient de notifier les informations de base ci-dessous sur les chiffres de la criminalité enregistrés par les services de police.
D’une part, les statistiques policières de criminalité ont trait aux infractions pénales elles-mêmes. Ce sont les infractions au Code pénal (crimes, délits et contraventions) et les infractions aux lois spéciales (par exemple la loi sur les drogues de 1921).
D’autre part, ces statistiques portent sur ce qui est appelé les «phénomènes criminels». Ce sont les faits qui ne sont pas repris en tant que tels dans le Code pénal mais auxquels on est régulièrement confronté dans la pratique policière quotidienne.
Il s’agit d’une combinaison d’un délit (par exemple le vol) avec, entre autres, l’objet ou le moyen de transport auquel ce délit se rapporte (par exemple le vol de voiture), le lieu où le délit a été commis (par exemple le cambriolage dans une habitation) ou la manière dont le délit a été commis (par exemple le vol à main armée).
Étant donné que ces phénomènes criminels découlent des infractions pénales, ces deux catégories ne peuvent pas être additionnées entre elles afin d’éviter les doubles comptages.
La source des données mentionnées ci-dessus est la Banque de données nationale générale (BNG). La BNG est une base de données policières dans laquelle sont enregistrés les faits sur base de procès-verbaux résultant des missions de police judiciaire et administrative.
Elle permet de réaliser des comptages sur différentes variables statistiques telles que le nombre de faits enregistrés, les modus operandi, les objets liés à l’infraction, les moyens de transport utilisés, les destinations de lieu, etc.
Les données des tableaux en annexe sont présentés pour les années complètes 2018-2023 et le premier trimestre 2024. Ces données sont issues de la banque de données clôturée à la date du 20 septembre 2024. Les chiffres pour le premier semestre 2024 ne sont pas encore disponibles à l’heure actuelle.
1) Le premier tableau en annexe reprend le nombre de faits criminels enregistrés par les services de police, suivant une répartition par catégorie principale, au niveau des provinces de la Région flamande.
Ce tableau fournit un aperçu du total de la criminalité, c’est-à-dire le nombre total d’infractions pénales.
Dans le cadre de cette question, les termes «délits de violence», «cybercriminalité» et «délits économiques» demandés par l’honorable membre correspondent respectivement aux catégories principales «Infractions contre l’intégrité physique», «Criminalité informatique» et aux infractions en matière de «Législation économique».
Le second tableau en annexe reprend le nombre de faits enregistrés par les services de police pour les figures criminelles «Vol de voiture», «Vol dans ou sur un véhicule», «Cambriolage dans habitation» et «Violence intrafamiliale (VIF)», au niveau des provinces de la Région flamande.
2) a) L’évaluation et l’interprétation des chiffres de la criminalité enregistrée, au niveau de la province et de la zone de police, doivent toujours se faire en premier lieu à partir du contexte local spécifique dans lequel ces délits ont été enregistrés.
En effet, de nombreux facteurs locaux peuvent affecter les chiffres de la criminalité enregistrée ou les phénomènes criminels réels.
Les entités géographiques telles que les provinces ou les zones de police peuvent différer les unes des autres sur de nombreux éléments déterminants qui, d’un point de vue criminologique, ont un impact sur les chiffres de la criminalité enregistrée par les forces de police.
Parmi les exemples, citons les différences ou les changements dans la propension des citoyens à signaler les délits à la police, l’influence des actions proactives des services de police, les priorités de la politique de sécurité locale, les changements dans la législation, etc.
Tout cela signifie que certaines tendances (globales ou pour un phénomène spécifique) qui se produisent au niveau d’une province ou d’une zone de police particulière n’excluent pas que l’inverse se produise à d’autres niveaux géographiques.
De manière générale, lors de l’évaluation et de l’interprétation des statistiques de criminalité, on peut affirmer que le nombre total d’infractions enregistrées ne signifie pas grand-chose en soi, étant donné qu’il s’agit d’une combinaison de faits très graves (par exemple, le meurtre) et d’infractions plus légères (par exemple, l’ivresse publique). Il est donc plus intéressant d’examiner chaque délit séparément.
Les années 2020 et 2021 ont été singulières et atypiques en raison de la «crise corona». Les mesures prises dans le cadre de la lutte contre le COVID-19 ont eu un impact évident sur la criminalité enregistrée.
En effet, le chiffre global pour ces années est fortement influencé par l’augmentation de la catégorie principale «Santé publique». Il s’agit d’un élément très important qui doit être pris en compte lors de l’interprétation des statistiques de la criminalité au fil des ans.
La tendance générale qui se dessine est une augmentation visible de la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (ICT). Le déplacement de la criminalité du monde réel vers le monde numérique se poursuit depuis des années et a été encore plus prononcé pendant et après la pandémie qu’auparavant.
Étant donné que les ICT et l’internet sont de plus en plus présents dans notre vie quotidienne et que de plus en plus de personnes ont accès à l’internet via des smartphones et des tablettes, de plus en plus de criminels sont passés à la criminalité en ligne.
b) Compte tenu des éléments de contextualisation ci-dessus à prendre en compte, les observations suivantes peuvent être faites spécifiquement, purement en termes de chiffres, pour la province du Brabant flamand.
La plus grande part (environ 30 %) des délits enregistrés sont des faits de vol et d’extorsion, et ce dans toutes les formes de manifestation (cambriolages dans bâtiments, vols de voitures, vols avec et sans violence, etc.).
Le top cinq des catégories d’infractions les plus enregistrées est ensuite complété par la «fraude», la «dégradation de la propriété», les infractions en matière de «drogues» et les «infractions contre l’intégrité physique».
En ce qui concerne la «criminalité informatique», on constate une augmentation de 3 048 faits entre 2018 et 2023, soit une hausse de plus de 175 %.
Dans la période considérée, on remarque l’impact de la «crise corona» au cours des années 2020 et 2021. Alors que la catégorie «Santé publique» comptait encore 44 faits en 2018, elle s’élève à 14 527 faits en 2020 et à 7 214 faits en 2021, avant de retomber à 33 faits en 2023.
La catégorie de délits la plus enregistrée, les vols, a diminué de manière significative dans la province du Brabant flamand au cours de ces deux «années corona».
3) Le troisième tableau en annexe reprend le nombre de faits criminels enregistrés par les services de police suivant une répartition par catégorie principale, au niveau des zones de police de la province du Brabant flamand. Ce tableau fournit un aperçu du total de la criminalité, c’est-à-dire le nombre total d’infractions pénales. Dans le cadre de cette question, les termes «délits de violence», «cybercriminalité» et «délits économiques» demandés par l’honorable membre correspondent respectivement aux catégories principales «Infractions contre l’intégrité physique», «Criminalité informatique» et aux infractions en matière de «Législation économique».
Le quatrième tableau en annexe reprend le nombre de faits enregistrés par les services de police pour les figures criminelles «Vol de voiture», «Vol dans ou sur un véhicule», «Cambriolage dans habitation» et «Violence intrafamiliale (VIF)», au niveau des zones de police de la province du Brabant flamand.
4) Lors de l’évaluation des chiffres de la criminalité enregistrée par zone de police, les facteurs de contextualisation décrits à la sous-question 2 entrent également en ligne de compte.
Toutefois, comme les zones de police peuvent différer les unes des autres sur un grand nombre de ces éléments déterminants, une contextualisation locale est nécessaire pour identifier certaines tendances (à la hausse ou à la baisse).
Il s’agit par exemple de l’impact des actions proactives de contrôle en matière de drogues, des campagnes de prévention contre les cambriolages dans les habitations, de la présence de réseaux d’information de quartier, etc.
Les zones de police sont également très différentes les unes des autres sur le plan social, économique ou démographique. Un exemple concret est la ville étudiante de Louvain, qui compte une population temporaire très importante.
D’une manière générale, on peut constater que les vols représentent toujours la majorité des délits enregistrés. De même, on observe une augmentation générale des faits enregistrés en matière de criminalité informatique.
Les données demandées par l’honorable membre lui ont été transmises directement. Étant donné leur nature, elles ne sont pas publiées, mais elles peuvent être consultées au greffe du Sénat.