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Question écrite n° 5-982

de Bert Anciaux (sp.a) du 27 janvier 2011

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de l'Intégration sociale

Grippe mexicaine - Campagne d'information - Campagne de vaccination

épidémie
maladie infectieuse
vaccination
vaccin
prévention des maladies
santé publique
industrie pharmaceutique

Chronologie

27/1/2011 Envoi question
7/12/2011 Dossier clôturé

Réintroduite comme : question écrite 5-4511

Question n° 5-982 du 27 janvier 2011 : (Question posée en néerlandais)

En février 2009, un jeune Mexicain de cinq ans a eu mal à la gorge. Un an et demi plus tard, plus de cent millions de vaccins contre la grippe ont été détruits rien qu'en Europe. Les pouvoirs publics ont subi de lourdes pertes. L'industrie pharmaceutique a réalisé des milliards de bénéfices. Alors que les scientifiques signalaient depuis longtemps déjà que la grippe sévissant dans nos régions était bénigne, les pouvoirs publics ont semé une panique qui a pris les proportions d'une pandémie.

Une simple modification de définition a transformé une grippe bénigne en menace mondiale pour la santé. Des vaccins ayant à peine été soumis à des tests ont été lancés sur un marché avide comme s'il s'agissait d'une expérience à l'échelle mondiale.

Les conséquences de cet empressement se manifestent peu à peu. Et celles-ci ne sont pas vraiment réjouissantes. Il se peut que les ingrédients des vaccins distribués ne soient pas aussi inoffensifs que ne l'ont dit les autorités. Ils comportent des substances pouvant avoir de graves conséquences à long terme.

Jamais auparavant on n'avait injecté ces substances sur une aussi grande échelle à des femmes enceintes et à des jeunes enfants. La population belge et le reste du monde semblent avoir été amenés de manière inappropriée à participer à une vaste expérience dont les coûts ont été couverts par leurs impôts. L'industrie pharmaceutique a fait ainsi d'une pierre deux coups : elle a réalisé une expérience extrêmement détaillée qui lui a en outre permis d'engranger de gros bénéfices. Avec même un bonus en prime puisque les plaintes éventuelles qui résulteraient d'effets secondaires ou d'un décès seront adressées non pas à l'industrie pharmaceutique mais aux autorités publiques.

En reconstituant le processus décisionnel à ce sujet, on découvre qu'au lieu de mener une campagne claire d'information, on a surtout mené explicitement une campagne de vaccination. Cette politique mondiale en faveur de la vaccination a été prônée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) qui, poussée par l'industrie, a fait en sorte qu'une petite grippe bénigne ait des conséquences aussi considérables.

Ces événements soulèvent de nombreuses questions extrêmement importantes.

Que s'est-il passé réellement ? Sommes-nous passés par le chas de l'aiguille ou a-t-on de manière éhontée tiré profit d'une peur d'un virus mortel de la grippe qui a été habilement amplifiée ? Combien de décès cette dangereuse « pandémie »a-t-elle provoqués et ces chiffres sont-ils comparables aux effets des épidémies annuelles de grippe ? La prise de décision à ce sujet n'a-t-elle pas été entachée par une grave confusion d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique, tant en Belgique qu'à l'OMS ? Comment la ministre a-t-elle pu et peut-elle éviter cette confusion d'intérêts ? A-t-elle signé des contrats secrets dans lesquels l'industrie pharmaceutique déterminait elle-même les informations qui pouvaient et surtout qui ne pouvaient pas être diffusées ? Est-il vrai que l'on a, à l'échelon mondial, fait appel à des spécialistes/virologues qui étaient déjà intervenus lors de l'apparition du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS) et de la peste aviaire et dont l'avis avait conduit à conclure des contrats relatifs à une prochaine pandémie ? Ces contrats ont-ils été automatiquement activés une fois que l'OMS a donné l'alerte à la pandémie ? Est-il vrai que peu avant cette annonce, la définition de la pandémie a été assouplie sous l'influence de l'industrie pharmaceutique ? Est-il exact que l'industrie pharmaceutique a joué un rôle important dans l'alerte à la pandémie ? Sait-on combien de bénéfices l'industrie pharmaceutique a réalisés grâce à cette « grippe mexicaine » ? Les montants des profits ont-ils depuis lors été communiqués en Belgique et dans le monde ? Quelles leçons la ministre tire-t-elle du traitement de cette « pandémie » ? Combien la lutte contre la « grippe mexicaine » a-t-elle finalement coûté aux pouvoirs publics au fil des années ? L'industrie pharmaceutique a-t-elle supporté une part des risques et des coûts inhérents ? Dans quelle mesure peut-elle garantir que le processus décisionnel à ce sujet s'est déroulé sans confusion d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique et que ce sera encore le cas à l'avenir ?