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Question écrite n° 5-885

de Bert Anciaux (sp.a) du 27 janvier 2011

au ministre de la Défense

Défense nationale - Présence en Afghanistan - Coût - Résultats

politique de défense
OTAN
force à l'étranger
Afghanistan

Chronologie

27/1/2011 Envoi question
14/7/2011 Réponse

Question n° 5-885 du 27 janvier 2011 : (Question posée en néerlandais)

La présence militaire de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN), dont celle de l'armée belge, suscite la controverse en permanence. La question de savoir si ce déploiement militaire aboutira à un quelconque résultat durable reste préoccupante et surtout hautement pertinente. Les médias et spécialistes internationaux ne cessent d'émettre des doutes de plus en plus grands quant à ces opérations.

C'est pourquoi je souhaiterais poser au ministre quelques questions sur la présence belge en Afghanistan.

1) Peut-il me détailler le coût de notre présence en Afghanistan depuis le début des opérations ? Comment ces dépenses ont-elles évolué en 2008, 2009 et 2010 ? Comment et entre quelles rubriques et quels postes ces coûts ont-ils été répartis ?

2) A combien se montaient les troupes envoyées durant cette période ? Quelle quantité de matériel militaire a-t-on utilisée lors des manœuvres et des exercices relatifs à ces opérations ?

3) Quelles réalisations concrètes peut-il attribuer à la présence de nos soldats en Afghanistan ? Ont-ils contribué à l'instauration d'une paix durable ? Dans l'affirmative, quels arguments avance-t-il pour justifier sa réponse ? Dans la négative, pourquoi l'armée belge maintient-elle dès lors sa présence ?

4) Comment se déroule la formation des troupes afghanes sur le terrain ? Quels progrès ont-ils été constatés à cet égard ? Sur quels éléments se base-t-il pour répondre à ces questions ?

5) Comment procède-t-on à l'évaluation de notre présence militaire ? Qui réalise cette évaluation et comment en garantit-on l'objectivité ?

6) Comment qualifie-t-il la plus-value sociale apportée par notre présence militaire en Afghanistan ?

Réponse reçue le 14 juillet 2011 :

1.Vous trouverez ci-dessous un aperçu détaillé des coûts.

Général 2003 - 2010

Année

Coût (million euro)

2003

13,980

2004

42,878

2005

51,204

2006

36,437

2007

39,903

2008

57,605

2009

96,000

2010

103,379


Détaillé 2008 - 2010

Année

Catégorie

Coût ( million euro)

2008

Personnel

24,278

Fonctionnement

33,316

Achat matériel

0,011

2009

Personnel

33,791

Fonctionnement

62,148

Achat matériel

0,061

2010

Personnel

39,502

Fonctionnement

63,634

Achat matériel

0,243

1.Le nombre par année de militaires désignés pour une mission au sein de la FIAS au cours de l’année considérée.

Année

Nombre de militaires

2006

1385

2007

1325

2008

1562

2009

2120

2010

2360

Les coûts mentionnés dans le tableau ci-dessous ne reprennent que les coûts liés au personnel générés par les exercices et manœuvres de longue durée pendant le « pre-deployment training » (les activités d’entraînement qui se déroulent pendant les heures normales de service ne génèrent pas de coûts additionnels liés au personnel).

Année

Coûts en personnel (Mio euro)

2008

1,55

2009

1,20

2010

1,63

Des coûts complémentaires sont générés par la mise en œuvre du matériel majeur (particulièrement le matériel roulant) et la consommation de munitions pendant les activités d’entraînement. Ils sont repris dans le tableau suivant :

Année

Coûts matériel roulant (euro)

Coûts munitions (euro)

2008

36000

307000

2009

51000

136000

2010

117000

228000

1.La Belgique s’intègre dans un effort international de grande ampleur, sur base d’une résolution du Conseil de Sécurité des Nation unies, qui a aussi pour finalité la reconstruction de la nation afghane. Après des années d’engagement intensif, FIAS a réussi à améliorer considérablement la sécurité dans une grande partie du pays. Cette transition ne se fera qu’à partir du moment où la sécurité, la bonne gouvernance et la relance économique répondent aux normes préétablies. Au vu de ces objectifs, la Défense belge contribue incontestablement avec :

Les premiers signes de sécurité, relance des structures sociales, des activités économiques et de la bonne gouvernance, apparaissent. Cependant cette relance est encore trop fragile pour qu’on puisse déjà parler de paix durable, de stabilité et de reconstruction.

2.Une fois sa formation de base terminée, l’accompagnement subséquent d’une nouvelle unité afghane est confié à un OMLT (Operational Liaison and Mentoring Team). Cet accompagnement consiste initialement en un coaching aussi bien durant les activités d’entraînement que pendant les opérations, et ceci durant la phase de planification et l’exécution de la mission. Au fur et à mesure que l’unité afghane devient plus compétente, l’OMLT évolue d’un « coaching actif » vers un « mentoring passif » . Le mentoring est crucial pour le maintien du niveau opérationnel de l’unité et pourra durer relativement longtemps. La FIAS a établi un système d’évaluation spécifique pour mesurer le statut de l’unité afghane. A ce titre, l’OMLT doit transmettre mensuellement les données nécessaires. L’OMLT belge a permis de faire progresser un bataillon afghan jusqu’au niveau le plus élevé, l’autorisant à conduire des opérations en complète autonomie. Pour l’instant un deuxième bataillon fait l’objet d’un accompagnement belge en vue d’atteindre ce même niveau.

3.L’évaluation de notre présence se fait à deux niveaux. Il y a tout d’abord une évaluation de première ligne par les détachements eux-mêmes. A l’issue de leur préparation ainsi qu’au début et à la fin de leur mission, ils établissent un rapport d’évaluation. Après étude par l'État major de la Défense, des éventuelles améliorations sont introduites. Les adaptations sont d’application pour le détachement suivant et continuent de faire l’objet d’un suivi. De plus, l'État major de la Défense évalue également en permanence la contribution belge dans le théâtre d’opérations. Elle est pour ce faire en contact permanent avec les principaux concernés (OTAN, la FIAS et les nations pilotes, comme l’Allemagne pour le Regional Command - North). Des spécialistes réalisent en outre régulièrement une analyse détaillée, durant laquelle ils examinent sur place, en se référant aux objectifs nationaux et internationaux, les mesures à mettre en œuvre qui sont susceptibles d’améliorer la contribution belge.

4.La présence de la FIAS permet, et ce pour la première fois depuis des années, de fournir les conditions permettant de démarrer la reconstruction de la Nation afghane. La communauté internationale fait actuellement des efforts considérables pour diffuser la bonne gouvernance et les activités économiques aussi bien au plan national que local.