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Question écrite n° 5-4807

de Bert Anciaux (sp.a) du 28 décembre 2011

à la secrétaire d'État à l'Asile, à l'Immigration et à l'Intégration sociale, adjointe à la ministre de la Justice

Banques alimentaires - Crise économique - Besoins en augmentation - Aide en diminution - Plan d'action

besoin alimentaire
pauvreté
aide aux défavorisés
récession économique

Chronologie

28/12/2011 Envoi question
21/3/2012 Réponse

Réintroduction de : question écrite 5-3354

Question n° 5-4807 du 28 décembre 2011 : (Question posée en néerlandais)

Depuis la crise économique de 2008, la tendance est claire : de plus en plus de gens n'arrivent plus à s'en sortir avec leur salaire ou indemnité. Les allocations ont à peine augmenté ces dix dernières années et les coûts de base ont connu une hausse inquiétante : électricité, gaz et alimentation. Une pension de 1 200 euros dont on utilise parfois 30 à 50 % pour le loyer (également en augmentation), engendre immanquablement des problèmes de survie. Cela explique également que le nombre de personnes qui se sont adressées à une banque alimentaire cette année a augmenté de 20 %.

En même temps, les banques alimentaires et autres organisations humanitaires voient leur aide diminuer. Des entreprises travaillent de manière plus efficace, de sorte qu'il y a moins d'excédent. Les dons des particuliers sont également en diminution. Le renforcement des règles en matière d'hygiène entraîne également une diminution de l'apport en denrées alimentaires provenant des secteurs de l'alimentation et de la distribution.

D'où les questions suivantes :

1) Comment le secrétaire d'État évalue-t-il la tension croissante entre une demande accrue et une offre en diminution, entre autres de la part des banques alimentaires et organisations de ce type ? Reconnaît-il que l'on va vers un grave problème ?

2) De quels moyens, méthodes et instruments le secrétaire d'État dispose-t-il pour répondre à la demande croissante d'aide alimentaire ? Envisage-t-il un plan d'action ? Dans l'affirmative, comment sera-t-il concrétisé ? Dans la négative, comment le secrétaire d'État explique-t-il son inertie en la matière ?

3) Le secrétaire d'État s'est-il concerté à ce sujet avec les acteurs concernés, entre autres les intervenants publics et privés du secteur de la lutte contre la pauvreté, l'industrie alimentaire, le secteur de la distribution, ses collègues au niveau communautaire et régional, etc ? Dans l'affirmative, avec quels résultats ? Dans la négative, une telle concertation est-elle prévue à court terme ou le secrétaire d'État ne la juge-t-il pas suffisamment pertinente ?

Réponse reçue le 21 mars 2012 :

Le problème de l’aide alimentaire est un des sujets fondamentaux qui me touchent, et pour cause! Il s’agit d’un besoin élémentaire.  4,6 % de la population belge indique qu’elle ne mange ni viande, ni poisson tous les deux jours, pour des raisons financières. Au niveau de l’Union européenne, cela représente 8,7 % de la population (chiffres Europese Unie (EU) SILC 2009).  

Comme vous le savez, l’Union européenne avait l’intention de tailler dans les  budgets du Programme européen d’aide alimentaire pour les plus démunis. Notre pays s’y est tout de suite opposé. En 2010, le PEAD a fourni 757 organisations (437 ASBL et 320 CPAS) et a touché plus ou moins 224 000 personnes en Belgique. 

Afin de mieux cerner la problématique et le rôle de l’aide sociale sur les utilisateurs, une recherche-action concernant les possibilités d’intégration et d’activation sociale de l’aide alimentaire en y associant ses bénéficiaires d’une manière active a été commandée. L’étude sera publiée avant l’été 2012. En Belgique, une série d’associations tendent à l’émancipation et à la prise en charge de soi en associant les bénéficiaires à l’organisation de l’aide alimentaire.  

Au travers des subsides pour l’économie sociale, un soutien est donné à différentes initiatives du terrain pour la mise en place d’épiceries sociales. 

À l’heure actuelle, il n’est pas envisagé de mettre en place un plan d’action sur cette problématique. Aucune concertation structurelle n’a été prévue avec les différents acteurs et les entités fédérées dans ce cadre.