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Question écrite n° 5-11356

de Elke Sleurs (N-VA) du 4 avril 2014

à la vice-première ministre et ministre des Affaires sociales et de la Santé publique, chargée de Beliris et des Institutions culturelles fédérales

Lutte contre les bactéries nosocomiales

infection nosocomiale
maladie infectieuse
établissement hospitalier
résistance aux antimicrobiens

Chronologie

4/4/2014 Envoi question
22/4/2014 Réponse

Requalification de : demande d'explications 5-4908

Question n° 5-11356 du 4 avril 2014 : (Question posée en néerlandais)

Une entreprise néerlandaise prétend disposer d'un moyen de lutter contre les bactéries nosocomiales SARM, qui sont en effet devenues résistantes aux antibiotiques. Peu après il apparut que ce moyen était déjà disponible depuis un certain temps dans plusieurs laboratoires universitaires en Flandre. Il ne s'agit pas d'un antibiotique mais de « bactériophages ». Ces derniers sont des virus qui ne nuisent pas aux cellules humaines mais s'attaquent à d'autres bactéries et peuvent ainsi combattre certaines infections bactériennes. Ils étaient déjà utilisés fréquemment au début du 20e siècle jusqu'à ce qu'on découvre les antibiotiques.

Les antibiotiques ne sont plus efficaces depuis longtemps pour combattre les infections nosocomiales à bactéries résistantes, mais ces bactériophages pourraient fonctionner.

En ce moment, des recherches se poursuivent à la KULeuven, à l'Université de Gand et à l'Hôpital militaire de Neder-over-Hembeek. Il y a cependant un problème pour l'autorisation d'utiliser les bactériophages. Le prix des études cliniques est élevé mais les réglementations compliquent elles aussi le dépôt d'un brevet pour des produits naturels comme ces phages. L'industrie pharmaceutique manifeste donc peu d'intérêt parce que la réglementation entrave particulièrement la commercialisation rentable de ces produits. On a suggéré de commencer à utiliser la phagothérapie dans les hôpitaux et d'en amorcer ainsi l'étude mais les procédures administratives sont coûteuses et très longues.

L’Agence fédérale des médicaments signale à ce sujet que les médicaments n'obtiennent une autorisation que lorsqu'on a pu prouver leur effet, leur qualité et leur sécurité de manière incontestable par des essais cliniques. Ces conditions doivent être discutées avec les chercheurs.

Les scientifiques désignent toute cette procédure comme « kafkaïenne » et demandent une solution.

Les infections nosocomiales, entre autres par les SARM, se présentent encore trop souvent pour que l'on néglige de les combattre. Il serait dommage que des solutions possibles ne soient pas pleinement étudiées à cause de la complexité de la réglementation.

Madame la ministre,

Voyez-vous une solution qui permette d'envisager le passage à court terme à des essais cliniques ?

Réponse reçue le 22 avril 2014 :

La fagothérapie n’est pas encore appliquée dans notre pays, sauf à titre expérimental pour les grands brûlés.

Votre question est particulièrement intéressante et j’ai très récemment demandé un avis au Conseil Supérieur de la Santé.

J’ai aussi demandé à l'Agence fédérale des médicaments et des produits de santé (AFMPS) de voir dans quels autres pays des mesures réglementaires et normatives ont été prises à ce sujet et faire examiner si ces mesures peuvent être prises dans notre pays, en prenant bien entendu compte de toutes les mesures de précaution en vue de protéger la santé publique.