SÉNAT DE BELGIQUE
________
Session 2020-2021
________
3 mars 2021
________
SÉNAT Question écrite n° 7-1122

de Guy D'haeseleer (Vlaams Belang)

à la ministre de l’Intérieur, des Réformes institutionnelles et du Renouveau démocratique
________
Services de sécurité - Suicides - Nombre
________
police
suicide
statistique officielle
________
3/3/2021 Envoi question
1/4/2021 Réponse
________
________
SÉNAT Question écrite n° 7-1122 du 3 mars 2021 : (Question posée en néerlandais)

Les domaines politiques du Bien-être, de la Santé publique et de la Famille sont de la compétence de la Communauté flamande. Les services de sécurité sont de la responsabilité du niveau fédéral. Cette question concerne dès lors une compétence transversale.

Il y a en moyenne davantage de suicides parmi les personnes qui travaillent pour un de nos services de sécurité que sur l'ensemble de la population.

1) Pouvez-vous me dire combien de suicides ont eu lieu en 2020 ? Je souhaite obtenir des chiffres ventilés par service de sécurité et par Région.

2) a) Combien de ces suicides ont-ils été commis durant l'exercice de la fonction ?

b) Dans combien de ces cas l'arme de service a-t-elle été utilisée ?

3) a) Combien de ces suicides ont-ils été commis dans le cadre de la vie privée ?

b) Dans combien de ces cas l'arme de service a-t-elle été utilisée ?

c) Quel type de prévention fait-on pour enrayer ce phénomène de société ?

d) Quelles initiatives ont-elles été prises en la matière ?

4) a) Dans combien de ces cas a-t-on pu découvrir la raison exacte de ce geste de désespoir ?

b) Dans combien de cas s'agissait-il d'une raison privée ?

c) Dans combien de cas le geste de désespoir était-il la conséquence d'un problème au sein du milieu du travail ?

Réponse reçue le 1 avril 2021 :

1) En 2020, 17 suicides sont à déplorer au sein de la police intégrée, dont 5 à la police fédérale et 12 à la police locale (7 en Flandre, 3 en Wallonie et 2 à Bruxelles).

2) & 3) Suite aux nouvelles dispositions relatives au règlement général des protection des données, la police fédérale n’enregistre plus les modalités de passage à l’acte. Il n’est donc plus possible de préciser si le suicide a été commis avec l’arme de service ou un autre moyen. Il n’est plus non plus possible de préciser si le suicide a été commis durant le service ou en dehors de celui-ci.

3) c) La police fédérale développe depuis des années une politique de prévention des risques psychosociaux au travail, notamment avec le service Stressteam, pour répondre à la lourdeur émotionnelle du travail de policier.

Ce service d’appui psychosocial prend notamment en charge les membres du personnel qui présentent une problématique suicidaire et soutient également les collègues lorsqu’un tel événement se produit dans une unité. Il travaille au profit de la police intégrée.

Des services équivalents existent dans certaines zones de police ou au niveau provincial. L’accueil des personnes faisant face à de tels traumatismes est également repris dans le rôle des personnes de confiance et conseillers en prévention des services internes et externes de prévention et de protection au travail.

De plus, la police fédérale met en œuvre une politique de prévention des risques psychosociaux.

Des mesures de prévention primaires (entre autres formations et sensibilisations de la ligne hiérarchique et du cadre de base aux aspects psychosociaux du travail en général et à la prévention du suicide en particulier), secondaires (consultations d’appui émotionnel au Stressteam, interventions des personnes de confiance, etc.) et tertiaires (interventions de crise du Stressteam, interventions psychosociales formelles ou analyses des risques psychosociaux d’une situation de travail spécifique dans laquelle un danger est détecté notamment) sont mises en œuvre au quotidien.

En outre, dès 2006, la thématique du suicide a fait l’objet d’une réflexion spécifique au sein de la police fédérale, afin de mettre en place des mesures de prévention. La formation et la sensibilisation de la ligne hiérarchique sont reprises dans le trajet de formation et de développement personnel et professionnel des managers.

Au niveau de l’Académie nationale de police, de nombreuses formations à la prévention du suicide (suicide: signaux et évaluation des risques, prévention du suicide, gestion du stress et écoute active mise sur pied d’une équipe d’intervention de première ligne – soutien collégial, etc.) sont dispensées plusieurs fois par an pour toutes les personnes intéressées par la matière et pour les membres de la ligne hiérarchique, plus spécifiquement.

4) Les suicides ont des causes multifactorielles. Il n’est dès lors pas possible de déterminer si l’origine du mal-être et de la souffrance d’un membre du personnel sont uniquement d’ordre privé ou uniquement d’ordre professionnel. Ce que la police fédérale peut constater, c’est qu’il y a souvent un élément déclencheur du passage à l’acte suicidaire (comme par exemple une séparation, une mauvaise nouvelle privée ou professionnelle).