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Question écrite n° 6-152

de Bert Anciaux (sp.a) du 23 octobre 2014

à la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique

L'accès limité aux soins des personnes vulnérables

droit à la santé
pauvreté
soins de santé

Chronologie

23/10/2014 Envoi question (Fin du délai de réponse: 27/11/2014 )
8/9/2017 Rappel
16/11/2018 Rappel
14/1/2019 Rappel
23/5/2019 Fin de la législature

Question n° 6-152 du 23 octobre 2014 : (Question posée en néerlandais)

Le rapport annuel de « Médecins du Monde » concernant la situation belge confirme une fois encore une réalité de plus en plus difficile, l'aggravation de la précarité. Parmi les personnes vulnérables de notre société, 66% n'ont pas accès à notre système de soins de santé qui fait pourtant l'objet de tant de louanges. L'extrême complexité de notre système et de ses procédures, la multiplicité des barrières administratives et le cumul des formalités sont en partie responsables de cette situation,que viennent encore aggraver la culture dominante de la classe moyenne et le coût croissant des soins de santé.

Tout cela corrobore la conclusion précédente selon laquelle les personnes en situation de pauvreté sont en moins bonne santé et meurent plus tôt que leurs concitoyens plus privilégiés. Si l'immigration croissante contribue à cette évolution, il est étonnant que « Médecins du Monde » pointe l'augmentation du nombre de malades belgo-belges. Ce sombre rapport attire tout particulièrement l'attention sur le cas des Roms, dont l'état de santé peut être considéré comme exécrable.

Comment la secrétaire d'État évalue-t-elle le rapport résolument négatif de « Médecins du Monde » qui décrit notre système de soins de santé comme extrêmement précaire pour les personnes vulnérables ? Dans quelle mesure la secrétaire d'État mène-t-elle une politique qui cible un meilleur accès aux soins de santé des personnes en situation de pauvreté ? Dans quelle mesure, avec quels moyens, quels instruments et quels programmes la secrétaire d'État s'intéressera-t-elle aux défauts que souligne le rapport, comme l'extrême complexité de notre système de soins de santé, la multiplicité des barrières administratives et le cumul des formalités, qui ont un lien de cause à effet avec à la culture dominante de la classe moyenne, l'accès au système de soins étant en outre entravé par un accroissement continu des coûts ? Comment la secrétaire d'État concilie-t-elle ce cri de désespoir des médecins avec la déclaration qu'elle a faite récemment selon laquelle, n'ayant pas trouvé pas d'affectation pertinente pour 90 millions du budget 2013, elle a préféré les économiser ?

La secrétaire d'État estime-t-elle que ce rapport, qui s'ajoute à un foisonnement de témoignages analogues, n'est pas suffisamment solide pour ériger cette question en véritable priorité et dégager des moyens spécifiques dans ce cadre ? La secrétaire d'État s'est-elle concertée à ce sujet avec sa collègue de la Santé publique ?