5-89COM

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Commissie voor de Buitenlandse Betrekkingen en voor de Landsverdediging

Handelingen

DINSDAG 5 JULI 2011 - NAMIDDAGVERGADERING

(Vervolg)

Vraag om uitleg van mevrouw Marie Arena aan de vice-eersteminister en minister van Buitenlandse Zaken en Institutionele Hervormingen en aan de minister van Ontwikkelingssamenwerking, belast met Europese Zaken over «de voedselcrisis in Libië» (nr. 5-909)

Mme Marie Arena (PS). - Cette question date d'environ deux mois et était adressée au ministre des Affaires étrangères. Le problème n'étant pas encore réglé, elle est toujours d'actualité.

À l'époque, selon l'organisation des Nations unies, une crise alimentaire se profilait en Libye. L'ONU l'attribuait aux affrontements armés, aux perturbations des activités portuaires, associées au manque d'essence et aux problèmes de devises, rendant complexe l'importation de stocks de nourriture dans le pays.

L'ONU se basait sur les informations du Programme alimentaire mondial, le PAM, qui craignait, voici deux mois donc, « une crise alimentaire de grande échelle dans les 45 à 60 prochains jours si la situation n'évolue pas favorablement ».

La situation est d'autant plus inquiétante qu'environ 2,5 millions de personnes de pays tiers vivent en Libye, dont 500 000 ont déjà fui le pays en raison des affrontements sanglants qui opposent les insurgés à Mouammar Kadhafi. Ce départ massif a eu un impact direct sur la production agricole et sur la sécurité alimentaire du pays, les migrants constituant une grande partie de la main-d'oeuvre libyenne.

L'ONU a indiqué que le 26 avril dernier, un navire affrété par le PAM et contenant plus de 500 tonnes d'aide alimentaire, trois ambulances, des fournitures médicales et autres articles de secours pour le compte de partenaires humanitaires avait accosté dans la ville assiégée de Misrata. C'était la deuxième fois en avril qu'un navire affrété par le PAM fournissait des vivres et des secours à la population de Misrata.

Par ailleurs, dans l'est de la Libye, le PAM a désormais atteint plus de 200 000 personnes, principalement des personnes déplacées à l'intérieur du pays, des migrants étrangers et d'autres groupes vulnérables, auxquels on a pu fournir une aide alimentaire.

L'ensemble des agences de l'ONU cherchent à récolter 310 millions de dollars afin de couvrir les besoins des populations en danger. Il semblerait que le montant obtenu ne s'élève à ce jour qu'à 129 millions de dollars.

Disposez-vous, à l'heure actuelle, d'informations complémentaires concernant les besoins alimentaires des populations libyennes et les moyens qui ont pu être engrangés ? La Belgique a-t-elle été sollicitée dans ce cadre ?

M. Olivier Chastel, ministre de la Coopération au développement, chargé des Affaires européennes. - Je vous lis la réponse du ministre Vanackere.

La Belgique a évidemment assuré un suivi rapide de la situation humanitaire en Libye et, à la suite des premiers appels des organisations internationales, a engagé quatre contributions importantes.

Tout d'abord, un million d'euros a été octroyé au Comité international de la Croix-Rouge pour ses activités en Libye et dans la région, notamment aux frontières. Les activités incluent la protection des civils, en accord avec le droit international humanitaire, une assistance pour les besoins de base des populations vulnérables et la réunification des familles dispersées dans le cadre des flux de migrants. Le CICR coordonne évidemment ces activités avec les Croissant rouge libyen et tunisien.

Ensuite, une contribution de 347 000 euros a été engagée en vue de la mise à disposition d'un Airbus de la Défense nationale destiné à l'évacuation de Tunisie de ressortissants de pays tiers ayant fui les troubles en Libye. Coût total de cette opération : 700 000 euros, dont la moitié à charge de la Commission européenne. Cette décision, prise dans le cadre européen, fait suite à une demande du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés et de l'Organisation internationale pour les migrations.

Par ailleurs, une contribution de 315 000 euros a été accordée à la FAO, dans le cadre, d'une part, d'un projet visant à développer la production maraîchère des populations agricoles touchées par la crise et, d'autre part, d'une étude visant à évaluer concrètement les besoins dans la région.

Dernière décision : une contribution d'un million d'euros, récemment décidée à l'appel du Haut commissariat aux réfugiés pour faire face à la crise dans le sud de la Tunisie, confronté à un afflux massif de réfugiés ayant fui les conflits en Libye. La contribution belge permettra au HCR d'assurer les services sociaux de base dans les camps de réfugiés - logement, soins de santé, approvisionnement en eau - et de fournir à nouveau l'aide en nature aux familles tunisiennes ayant décidé d'héberger des réfugiés.

À ce jour, nous n'avons pas directement financé les activités du PAM en Libye. Par contre, nous avons décidé de financer le fonds d'intervention rapide et flexible du PAM, pour un montant de deux millions d'euros. Ce mécanisme multilatéral de financement permet au PAM de fournir une assistance alimentaire immédiate et notamment de couvrir les dépenses afférentes aux services logistiques et aux articles non alimentaires, lors des situations d'urgence. C'est un mécanisme de financement souple. Il est indispensable que le PAM réagisse sans délai à tout signe de crise humanitaire imminente.

Je puis vous assurer que nous suivons de près l'évolution de la situation. De nouvelles contributions ne sont évidemment pas exclure, en fonction de l'estimation précise des besoins.

Mme Marie Arena (PS). - Je vous remercie pour ces réponses très complètes. Nous devrons effectivement suivre la situation, dans la mesure où ce conflit n'est pas terminé.